Portrait de Laurie Rollin, d’ancienne élève du LFV à médecin généraliste

Laurie Rollin, ancienne élève de nationalité française, a passé son Bac S (spécialité physique) au Lycée français de Varsovie en 2014. Elle est ensuite revenue en France pour faire des études de médecine. Aujourd’hui interne de médecine générale dans le service de Pneumologie de l’hôpital de Morlaix en Bretagne, elle partage son expérience au sein du LFV, mais donne aussi de précieux conseils aux élèves qui souhaitent devenir un jour médecin…

QUEL A ÉTÉ TON PARCOURS APRÈS LE LFV ? QUEL MÉTIER EXERCES-TU AUJOURD’HUI ?

J’ai passé un Bac S spécialité physique au LFV en 2014 avant de rentrer en France pour faire mes études de médecine à la Faculté de Brest. J’ai d’abord raté le concours de PACES de quelques places, puis je l’ai repassé l’année suivante et j’ai été admise en 2ème année de médecine. J’ai toujours voulu faire médecine, alors rater le concours la première fois a été un coup dur, mais je suis rentrée à Varsovie voir ma famille pendant l’été et je suis repartie en France reboostée pour essayer d’avoir ce fichu concours… et quelques mois plus tard, c’était mission accomplie !

On dit que la première année est la plus dure, et ce n’est pas tout à fait vrai…
Même si la deuxième et la troisième années sont un peu plus calmes, les années suivantes servent à préparer un deuxième concours, que l’on passe à la fin de nos études pour choisir notre spécialité. C’est un concours très exigeant, qui nous met en compétition avec les étudiants de toutes les universités de médecine de France. C’est aussi très prenant, car nous devons aller en stage à l’hôpital et bachoter, mais heureusement ça s’arrête un jour ! Dès le lycée, je voulais faire de la pédiatrie (soigner les enfants), mais finalement, et avec les stages que l’on fait à partir de la deuxième année, j’ai opté pour la médecine générale. 

Aujourd’hui, je suis interne de médecine générale, c’est à dire que je suis médecin, mais qu’il me reste encore une thèse à passer. Je travaille dans le service de Pneumologie de l’hôpital de Morlaix en Bretagne. Le rythme de travail reste très soutenu (d’ailleurs je réponds à cette interview un samedi après-midi depuis mon bureau à l’hôpital entre 2 patients) puisque je travaille en moyenne de 9h à 18h30 chaque jour, avec en plus 1 à 2 gardes de 24 heures dans la semaine, où je suis responsable de tous les patients hospitalisés dans mon hôpital. La semaine, je suis responsable d’une dizaine de patients hospitalisés dans mon service. Je dois encore travailler 2 ans à l’hôpital et ensuite je pourrais ouvrir mon cabinet de médecin généraliste. 

QU’EST-CE QUI TE PLAÎT LE PLUS DANS TON TRAVAIL ? QUELS CONSEILS DONNERAIS-TU À DES ÉLÈVES QUI SOUHAITERAIENT FAIRE MÉDECINE ?

Je crois que ce qui me plait le plus dans mon travail, c’est de pouvoir allier le côté humain avec le côté scientifique. C’est un métier très stimulant sur le plan scientifique, puisque même si on apprend tout un tas de choses par cœur, il faut réussir à faire les liens et à adapter la théorie à la situation d’un patient.

Sur le plan humain, c’est un métier formidable, on entre dans l’intimité des gens dans un moment où ils sont très fragiles, on partage avec eux de très mauvaises nouvelles, mais aussi les beaux moments de leurs vies. J’ai hâte de pouvoir ouvrir mon cabinet et pouvoir suivre mes patients très longtemps et connaitre les familles sur plusieurs générations ! C’est d’ailleurs ce qui m’a fait choisir la médecine générale…

Quelques conseils pour les futurs médecins : 

  • Ne pas se laisser décourager par ces études à rallonge, même si c’est long, exigeant, voir même pénible par moment, cela s’arrête un jour et la suite est tellement passionnante, donc cela vaut le coup ! 
    
  • Ne pas laisser sa vie personnelle de côté. C’est assez facile de ne plus rien faire d’autre que travailler (tant pendant les études qu’après). On peut vite se laisser déborder par le travail et ne plus sortir la tête de l’eau, c’est important d’essayer de garder un équilibre avec ses loisirs, ses amis, et ses amours ! 
    
  • Garder son empathie, même si c’est parfois mal vu à l’hôpital d’éprouver de la tristesse ou de la compassion pour des patients. Ces sentiments permettent de ne jamais oublier que c’est un métier scientifique, mais surtout humain ! C’est normal de ressentir des choses dans des situations parfois tragiques, et il ne faut pas en avoir honte. Les grands professeurs de médecine ont tendance à dire qu’il ne faut pas s’attacher aux patients, ne pas partager leurs peines. Mais dans mon cas, je pense que cela me permet de mieux faire mon travail et j’espère ne jamais perdre ce côté humain du métier ! Cela le rend bien plus enrichissant que si je devais juste faire des ordonnances sans voir les personnes derrière les patients…

QUELS SOUVENIRS GARDES-TU DU LYCÉE FRANÇAIS DE VARSOVIE ?

Je n’ai pas passé beaucoup de temps au LFV, seulement mon année de Terminale, mais pourtant cette expérience m’a laissé beaucoup de souvenirs. Le meilleur de tous restera notre “Studniówka”, que je ne connaissais pas du tout car c’est une tradition polonaise, et cela a vraiment été une soirée incroyable tant à vivre qu’à organiser ! 

Dans la même lignée, je garde un souvenir du LFV comme d’un établissement très dynamique. L’établissement a beau être un petit lycée, il y a énormément d’événements organisés tout au long de l’année et cela crée de beaux souvenirs, surtout avant de partir en première année de médecine, où globalement on ne fait rien d’autre que réviser/manger/dormir. 

Je suis arrivée dans une classe où tout le monde se connaissait depuis plusieurs années, voir depuis la maternelle pour certains, et pourtant j’ai très vite été bien intégrée dans le groupe et cela m’a permis de passer une année de Terminale qui me laisse plus de souvenirs en dehors des cours qu’en train de travailler ! 

Sur le plan scolaire, mon meilleur souvenir reste les cours de physique de M. Cartailler, avec des sujets de TP toujours bien choisis et plutôt drôles ! 

POUR QUELLES RAISONS RECOMMANDERAIS-TU LE LYCÉE FRANÇAIS DE VARSOVIE ?

Tout d’abord, pour l’encadrement et la qualité de l’enseignement. Je suis passée d’une classe de 1ère où nous étions 34, à une classe de Terminale où nous étions 12, alors forcément, l’accompagnement était beaucoup plus personnalisé ! L’équipe enseignante est très présente, tant sur le plan scolaire, que pour aider en cas de difficultés personnelles ou pour nous préparer la suite. Je me suis sentie plus prête que jamais à commencer mes études en sortant du LFV grâce aux enseignants et à la rigueur que j’ai pu y acquérir.  Un autre élément positif, c’est l’ambiance. C’est un petit lycée, tout le monde se connait, l’ambiance est très familiale, tant entre nous qu’avec l’équipe enseignante. L’ambiance y est tellement familiale que même des années plus tard, je suis toujours en contact avec des anciens, mais aussi avec des enseignants du LFV.